13 February 2018

Analyse robotisée des risques

Gagik Sargsyan (MHI ’06), fondateur de Polixis, propose un  nouveau service aux banques.

Crée en 2012 et spécialisé alors dans l'évaluation de la clientèle fortunée de l'ex-URSS, le bureau genevois Polixis vient de lancer un service d'analyse robotisé des risques réglementaires posés par la clientèle des pays émergents. L'objectif? Permettre aux banques de cerner rapidement ces lointains clients qui sont devenus la priorité des gérants de fortunes genevois, depuis la fin du secret bancaire qui abritait leurs déposants européens.

Après l’édition sur l'ex-URSS dévoilée en novembre, un service similaire sera bientôt proposé pour l'Amérique latine, la Chine et le Moyen-Orient. La preuve ? L’engagement récent d’André Cardozo Sarli (MDR ’17), ancien président du GISA.

Dépasser les bases de données comme WorldCheck

Baptisé Ardis - pour «Applied Risk & Data Intelligence Solution» - cet outil offre une analyse complète du profil économique et politique d’un client et de ses sociétés. Un outil qui va, selon ses concepteurs, bien au-delà de l'exploration des bases de données classiques comme WorldCheck, Factiva ou LexisNexis. Les établissements bancaires dépensent des millions par an - l'équivalent de dizaines de salaires - pour avoir accès en continu à ces bases agrégeant articles de presses, listes officielles du SECO, du Patriot Act américain, de l'ONU ou de l’Union européenne.

«Jusque-là ce travail se faisait à la main»

Ces efforts de contrôle par les gérants de fortune, puis par les services de «compliance», sont devenus cruciaux pour des établissements forcés de prouver qu'ils font toutes les vérifications nécessaires avant d'accepter un client - ou une de ses sociétés - frappant à la porte avec des dizaines de millions. «Jusque-là ce travail se faisait à la main; notre processus robotisé permet d'analyser les données publiques disponibles sur un client en quelques secondes - quand il fallait une après-midi à un employé», décrit Gagik Sargsyan.

Contrôle de la clientèle et «big data»

Sargsyan Gagik IHEID Alumni.jpgRencontré à Genève avant une tournée dans la City, ce dernier se dit convaincu que ses services ne conduiront pas à des suppressions de postes. «Les banques font face à de telles exigences de vérification qu'elles ont besoin de leurs collaborateurs sur d'autres tâches - en les délestant des routines de filtrage de listes de données», décrit cet ancien du Graduate Institute.

La société emploie dix-sept personnes et affirme avoir obtenu au cours des trois dernières années l'accès à des bases de données de pays émergents, publiques mais difficilement exploitables. Ses robots seront ainsi chargés de faire parler les 60 millions de décisions de justice brésilienne ou russe - le plus souvent anonymisées ou numérotées - auxquelles Polixis a négocié l'accès.

Article original de Pierre-Alexandre Sallier in Tribune de Genève, 10.11.2017 et crédit image: Lucien Fortunati