Jacques Moreillon | PhD 1971

Ancien Directeur général du CICR, Membre du Conseil de l'Assemblée du CICR
 

Quel est votre souvenir le plus marquant de vos études à l'Institut (événement, professeur, etc.)?

Un voyage d’études de deux mois, en 1964, en Angola et au Mozambique, auquel mon ami (et co-étudiant) Michael Noelke et moi avons pu inviter une dizaine d’amis, tous doctorants, de l'Institut… « pour autant que M. Freymond en approuve la liste » avait dit le gouvernement portugais d’alors ! Ce fut une aventure inoubliable pour chacun de nous.

Pour quelles raisons aviez-vous choisi de faire un doctorat à l'Institut?

A l’époque, je pensais suivre la carrière diplomatique. C’est le choix de mon sujet de thèse sur « Le CICR et les détenus politiques » qui m’a attiré vers l’humanitaire. Puis, après des missions CICR en Inde, au Vietnam, en Syrie et au Biafra, Jacques Freymond – qui était à l’époque Vice-Président du CICR – m’a fait nommer chef de délégation en Israël. (A 29 ans ! Il fallait l’oser !). C’est là que j’ai compris que, pour un Suisse, la diplomatie du CICR était aussi, voire plus, exaltante que celle de la Confédération.

Avez-vous gardé des contacts avec des camarades d’études à l'Institut?

Plus d’une douzaine. Je suis très fidèle en amitié et, pour moi, le temps ne compte pas. En plus, j’ai l’esprit de corps…et une tendance à la nostalgie ! Cela fait de moi un « ancien » idéal ! (Pas seulement pour l'Institut d’ailleurs).

Quel est la plus grande leçon que j’ai retirée de l’Institut ?

La connaissance et l’analyse des faits amènent à un réalisme qui donne des raisons de croire en l’homme et d’espérer en son avenir.

Comment voyez-vous le rôle de l'Institut dans la Genève internationale ?

Central pour l’avenir de la Genève internationale. L’excellence de la formation et le lien de celle-ci avec le vivier international de Genève constitueront le réseau, souvent invisible, qui contribuera à la pérennité internationale de Genève. C’est d’abord une question de volonté et de vision et l’Institut d’aujourd’hui va absolument dans ce sens.

Pour conclure, auriez-vous une anecdote de vos années à l'Institut que vous souhaiteriez partager ?

Ceux qui me connaissent savent que mes meilleures anecdotes ne sont guère publiables ! Aussi souhaiterais-je plutôt – sans être en rien passéiste et sans comparer « mon » époque des années ’60 avec l’actuelle – citer plutôt ce que j’ai écrit sur Jacques Freymond, comme membre et vice-président du CICR, dans « Relations internationales » (no 98, été 1999, pp. 219-225) :

« Grand historien, forte personnalité, professeur exemplaire, homme d’idées, d’ouverture et de vision, Jacques Freymond était aussi un homme d’action, un réalisateur. Souvent en avance sur son temps – on le verra, c’est particulièrement vrai pour le CICR – il a fixé à l’Institut universitaire de hautes études internationales, qu’il dirigea avec charisme et autorité, des orientations nouvelles à l’égard du monde communiste, du tiers-monde, de la diplomatie multilatérale, des bouleversements économiques et des évolutions juridiques. Ces orientations firent de « notre » Institut un phare du monde universitaire, tant en matière de droit international, que d’histoire et d’économie internationales.

Mais aussi, nous le savons, le professeur Freymond était co-fondateur, avec Denis de Rougemont, de l’Institut d’études européennes et – avec la Division de la coopération du Département fédéral des Affaires étrangères – de Swisscontact au service du tiers-monde, ainsi que de l’Institut africain (futur Institut d’études du développement) et du Centre de recherches sur l’Asie moderne notamment. Autant d’initiatives qu’il sut utiliser dans le cadre du CICR. Par son esprit universel, il y a su mettre au service du monde en général et du CICR en particulier le meilleur de ses qualités helvétiques : rigueur, créativité, largeur d’esprit. »

Je pense que, sous la présidence et la direction actuelles de l’Institut, l'Institut – et encore plus l'InstitutD – est parfaitement capable d'avoir des ambitions d’avenir à la mesure de ce que « notre » Grand Homme a réalisé à « notre » époque. Nous commençons une « nouvelle époque » de l’Institut dont je suis convaincu qu’elle sera, pour son temps, à la hauteur de la « grande époque » que notre génération a eu le privilège de vivre.

 

Biographie

  • 1988-2004: Secrétaire général de l'Organisation mondiale du Mouvement Scout, Membre du Conseil de l'Assemblée du CICR et Membre de l'Assemblée du CICR.
  • 1975-1988: Membre de la Direction du CICR, successivement Directeur de la Doctrine et du Droit, puis des Affaires générales et finalement Directeur général.
  • 1972-1975: Délégué général du CICR pour l'Afrique.
  • 1971-1972: Délégué régional du CICR pour l'Amérique du Sud.
  • 1969-1970: Chef de délégation du CICR en Israël
  • 1967: Chef de délégation du CICR en Syrie
  • 1966: Délégué du CICR au Vietnam
  • 1965: Délégué du CICR en Inde

Quel est votre souvenir le plus marquant de vos études à l'Institut (événement, professeur, etc.)?

Un voyage d’études de deux mois, en 1964, en Angola et au Mozambique, auquel mon ami (et co-étudiant) Michael Noelke et moi avons pu inviter une dizaine d’amis, tous doctorants, de l'Institut… « pour autant que M. Freymond en approuve la liste » avait dit le gouvernement portugais d’alors ! Ce fut une aventure inoubliable pour chacun de nous.

Pour quelles raisons aviez-vous choisi de faire un doctorat à l'Institut?

A l’époque, je pensais suivre la carrière diplomatique. C’est le choix de mon sujet de thèse sur « Le CICR et les détenus politiques » qui m’a attiré vers l’humanitaire. Puis, après des missions CICR en Inde, au Vietnam, en Syrie et au Biafra, Jacques Freymond – qui était à l’époque Vice-Président du CICR – m’a fait nommer chef de délégation en Israël. (A 29 ans ! Il fallait l’oser !). C’est là que j’ai compris que, pour un Suisse, la diplomatie du CICR était aussi, voire plus, exaltante que celle de la Confédération.

Avez-vous gardé des contacts avec des camarades d’études à l'Institut?

Plus d’une douzaine. Je suis très fidèle en amitié et, pour moi, le temps ne compte pas. En plus, j’ai l’esprit de corps…et une tendance à la nostalgie ! Cela fait de moi un « ancien » idéal ! (Pas seulement pour l'Institut d’ailleurs).

Quel est la plus grande leçon que j’ai retirée de l’Institut ?

La connaissance et l’analyse des faits amènent à un réalisme qui donne des raisons de croire en l’homme et d’espérer en son avenir.

Comment voyez-vous le rôle de l'Institut dans la Genève internationale ?

Central pour l’avenir de la Genève internationale. L’excellence de la formation et le lien de celle-ci avec le vivier international de Genève constitueront le réseau, souvent invisible, qui contribuera à la pérennité internationale de Genève. C’est d’abord une question de volonté et de vision et l’Institut d’aujourd’hui va absolument dans ce sens.

Pour conclure, auriez-vous une anecdote de vos années à l'Institut que vous souhaiteriez partager ?

Ceux qui me connaissent savent que mes meilleures anecdotes ne sont guère publiables ! Aussi souhaiterais-je plutôt – sans être en rien passéiste et sans comparer « mon » époque des années ’60 avec l’actuelle – citer plutôt ce que j’ai écrit sur Jacques Freymond, comme membre et vice-président du CICR, dans « Relations internationales » (no 98, été 1999, pp. 219-225) :

« Grand historien, forte personnalité, professeur exemplaire, homme d’idées, d’ouverture et de vision, Jacques Freymond était aussi un homme d’action, un réalisateur. Souvent en avance sur son temps – on le verra, c’est particulièrement vrai pour le CICR – il a fixé à l’Institut universitaire de hautes études internationales, qu’il dirigea avec charisme et autorité, des orientations nouvelles à l’égard du monde communiste, du tiers-monde, de la diplomatie multilatérale, des bouleversements économiques et des évolutions juridiques. Ces orientations firent de « notre » Institut un phare du monde universitaire, tant en matière de droit international, que d’histoire et d’économie internationales.

Mais aussi, nous le savons, le professeur Freymond était co-fondateur, avec Denis de Rougemont, de l’Institut d’études européennes et – avec la Division de la coopération du Département fédéral des Affaires étrangères – de Swisscontact au service du tiers-monde, ainsi que de l’Institut africain (futur Institut d’études du développement) et du Centre de recherches sur l’Asie moderne notamment. Autant d’initiatives qu’il sut utiliser dans le cadre du CICR. Par son esprit universel, il y a su mettre au service du monde en général et du CICR en particulier le meilleur de ses qualités helvétiques : rigueur, créativité, largeur d’esprit. »

Je pense que, sous la présidence et la direction actuelles de l’Institut, l'Institut – et encore plus l'InstitutD – est parfaitement capable d'avoir des ambitions d’avenir à la mesure de ce que « notre » Grand Homme a réalisé à « notre » époque. Nous commençons une « nouvelle époque » de l’Institut dont je suis convaincu qu’elle sera, pour son temps, à la hauteur de la « grande époque » que notre génération a eu le privilège de vivre.

 

Biographie

  • 1988-2004: Secrétaire général de l'Organisation mondiale du Mouvement Scout, Membre du Conseil de l'Assemblée du CICR et Membre de l'Assemblée du CICR.
  • 1975-1988: Membre de la Direction du CICR, successivement Directeur de la Doctrine et du Droit, puis des Affaires générales et finalement Directeur général.
  • 1972-1975: Délégué général du CICR pour l'Afrique.
  • 1971-1972: Délégué régional du CICR pour l'Amérique du Sud.
  • 1969-1970: Chef de délégation du CICR en Israël
  • 1967: Chef de délégation du CICR en Syrie
  • 1966: Délégué du CICR au Vietnam
  • 1965: Délégué du CICR en Inde