Vera Michalski | PhD 1980

Présidente du Groupe Libella
 

D’origine russe, autrichienne et suisse, Vera Michalski-Hoffmann a vu le jour au milieu des années 1950 à Bâle. Elle grandit en Camargue et, très jeune, est sensibilisée à la littérature par l’une de ses tantes, elle-même auteur.

Attirée par la vocation internationale de l’Institut et la pluridisciplinarité qui le caractérise, Vera Hoffmann vient y étudier en 1974. Elle se lance ensuite dans une thèse sur le « Phénomène des compagnons de route du communisme en France entre 1928 et 1939 ». C’est à ce moment qu’elle rencontre Jan Michalski. Tous deux fréquentent les enseignements de l’Institut, et notamment le séminaire sur les révolutions donné par le professeur Harish Kapur à la villa Barton. Ce lieu est ainsi devenu pour elle mémorable à plus d’un titre.

Né en Pologne, Jan Michalski est fils de médecins. La famille de sa mère a été déportée au Kazakhstan et son père a participé à l’insurrection de Varsovie en 1944. Jan a suivi l’enseignement en « éthique générale » de Mgr Wojtyla, le futur pape Jean-Paul II, puis étudié à Lublin et à Bruges avant de rejoindre Genève.

Vera et Jan se marient en 1983 et créent en 1986 les éditions Noir sur Blanc à Montricher, au pied du Jura, dans le canton de Vaud (Suisse). Leur objectif ? Faire avancer l’Europe des cultures et des idées en facilitant la compréhension mutuelle de peuples que la Guerre froide a séparés et qui se connaissent mal. Ils publient les traductions françaises de témoignages, de récits, d’essais et de documents qui racontent l’histoire des gens qui vivent de l’autre côté du rideau de fer ainsi que les oeuvres d’auteurs comme Slawomir Mrozek ou Olga Tokarczuk. En sens inverse, ils sont les premiers à publier en polonais Charles Bukowski, Paul Auster, Nicolas Bouvier, Umberto Eco ou Oran Pahmuk. Ils acquièrent, en 1991, la Librairie Polonaise du boulevard Saint-Germain à Paris, qui existe depuis 1833, avant de sauver les Editions Phébus de la faillite en 1998 et, en 2000, la vénérable maison Buchet / Chastel.

Après la disparition prématurée de Jan en 2002 et parallèlement à son travail d’éditeur, Vera poursuit la mission qu’elle a entamée avec lui et développe des activités de mécénat. Elle crée notamment une fondation et un prix international de littérature qui portent le nom de son mari.

Son projet le plus important est ensuite l’édification de la Maison de l’écriture à Montricher. Ce bâtiment, conçu par l’architecte Vincent Mangeat, est destiné à accueillir des écrivains pour un séjour de travail. Partiellement ouverte au public, la maison est dotée d’un auditorium d’une centaine de places pour des lectures ou des concerts, d’un lieu d’expositions et d’une bibliothèque en libre accès qui rassemble quelque 85 000 livres de littérature européenne dans toutes les langues. Les écrivains sont logés dans des cabanes suspendues à la « canopée » qui surplombe le site.

Ce projet d’avant-garde et d’envergure est une magnifique illustration de l’audace et de la créativité dont les Michalski ont fait preuve tout au long de leur parcours.

Vera Michalski est actuellement présidente du Groupe Libella.