Carlos Lopes, 1982

Head of UN Economic Commission for Africa

 

Quel a été votre parcours ?

J’ai commencé mes études à l’IUED en 1979 et j’ai obtenu un doctorat en histoire en 1988 à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. J’ai dirigé l’institut national de recherche de mon pays, la Guinée-Bissau, avant de commencer une carrière aux Nations unies. J’ai occupé de nombreux postes de direction au Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), tels que représentant au Zimbabwe et au Brésil et directeur du Bureau des politiques de développement ; j’ai également géré le Programme mondial et été directeur des Affaires politiques au sein du Cabinet du secrétaire général Kofi Annan. Sous-secrétaire général de l’ONU, je dirige actuellement l’Institut des Nations unies pour la formation et la recherche (UNITAR), à Genève, et l’Ecole des cadres du système des Nations unies, basée à Turin. Je suis en outre dans le conseil d’une douzaine d’institutions académiques ou internationales et j’ai publié une vingtaine de livres et de nombreux articles.

Qu’est-ce qui a été le plus enrichissant dans vos études à l’ex-IUED ?

Le caractère pluridisciplinaire des approches de développement et l’ambiance multiculturelle. C’était ma première expérience de réseau personnel transnational, et j’ai gardé cette capacité d’établir des réseaux pour toujours.

Qu’avez-vous retenu de votre passage à l’ex-IUED ?

La capacité de se remettre en question tout le temps. J’ai vécu une expérience de dialogue et de discussion et j’ai appris à valoriser des points de vue contraires aux miens. C’était une vraie école de la démocratie des idées. Nous nous mettions en question parfois sans même nous en rendre compte. Comme j’étais président de l’Association des étudiants, j’ai pu participer aux activités du Conseil de fondation de l’IUED, et j’ai appris ainsi des éléments de gestion que j’ai utilisés dans ma vie professionnelle.

Quelles valeurs souhaitez-vous retrouver dans le nouvel Institut ?

Je pense qu’il est important qu’il ne soit pas élitiste. J’aimerais retrouver une sympathie à l’égard des pays du Sud, à travers des activités conjointes avec des institutions de pays en développement. Il faut que l’Institut garde les pieds sur terre. L’enseignement traditionnel ne fait plus recette. Il faut s’ouvrir à de nouvelles approches et à des méthodologies plus dynamiques.