Marcel André Boisard (Switzerland, PhD, 1977)

Ancien Sous-Secrétaire général, ONU et Directeur général, UNITAR

 

marcel-andre-boisard.jpgQuel est votre souvenir le plus marquant de vos études à l'Institut?

Ce sont, bien sûr, ceux qui furent nos maîtres. Le professeur Wilhelm Röpke, qui parlait si fort, m'avait laissé croire, pour un temps, que l'économie était une belle réflexion métaphysique sur le bonheur de l'homme et de la société. Le professeur Maurice Baumont, qui nous décrivait les négociations multilatérales de l'entre-deux guerres comme s'il y avait assisté personnellement la veille. Le professeur Paul Guggenheim, qui, sous ses aspects de juriste alémanique rigoureux et sévère, cachait la plus grande humanité. N'invitait-il pas, chez lui, "au Bout du Monde", les étudiants pour les aider à la rédaction de leurs travaux de séminaires ? Enfin, plus tard, le professeur Jacques Freymond, mon patron de thèse. Il fut, pour moi, plus qu'un mentor, mais bien un ami qui m'apprit à aller de l'avant, certes aussi bien préparé que possible, mais sans jamais regretter les erreurs de parcours.

Pour quelles raisons aviez-vous choisi de faire un doctorat à l'Institut?

Je suis entré à l'Institut un peu par hasard. Je m'intéressais aux affaires du monde sans doute plus sous les aspects culturels que politiques. J'envisageais de devenir journaliste, car j'aime écrire. J'y ai obtenu ma licence. Je suis revenu à l'Institut quelque quinze ans plus tard, pour y soutenir une thèse. Pourquoi avoir choisi de faire un doctorat, alors que je ne me destinais pas spécialement à l'enseignement universitaire ? Sans doute par défi personnel, pour me prouver que je pouvais mener à bien une entreprise intellectuelle d'assez longue haleine. Sans doute aussi par vanité, croyant alors, que je pourrais contribuer à l'accroissement de la connaissance universelle ...

Avez-vous gardé des contacts avec des camarades d’études à l'Institut?

J'ai passé de très nombreuses années à l'étranger, surtout après la fin de mes études. Mes contacts avec d'anciens camarades furent donc épisodiques mais toujours chaleureux, plus par coïncidence que par volonté systématique de maintenir des relations. Le monde de ceux qui se consacrent exclusivement aux affaires internationales est mobile mais assez limité en nombre. Les rencontres occasionnelles sont fréquentes.

De tels contacts vous ont-il été utiles dans votre parcours professionnel?

J'hésite à me prononcer. Je n'ai jamais cherché à les exploiter sciemment. L'utilité est peut-être née de l'échange d'idées, de conseils, voire de confidences.

Quels avantages le doctorat de l'Institut vous a-t-il apportés sur le plan intellectuel? Et quels désavantages par rapport à d’autres filières?

Cette question est extrêmement difficile. Une carrière professionnelle, ou même, plus largement, une destinée humaine, se construit par une succession de décisions et d'impondérables. Je pense que, si j'ai bénéficié d'un avantage quelconque grâce à mon doctorat de l'Institut, ce serait sans doute par le caractère vraiment interdisciplinaire de l'enseignement. Le fait d'être un "généraliste" m'a servi sans doute.


Biographie

  • 1er août 2001: nommé Sous-Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies.
  • Mars 1992: nommé Directeur Général de l'UNITAR (Institut des Nations Unies pour la Formation et la Recherche).
  • Juin 1983: nommé Directeur du Bureau européen de l'UNITAR.
  • Juin 1980: entre au service de l'UNITAR, comme attaché de recherche.
  • 1975-1980: chargé d'enseignement à l'Institut universitaire de hautes études internationales.
  • 1962-1975: délégué du CICR dans divers pays.