09 March 2017

Une plateforme pour renforcer la démocratie

Tudor Mihailescu, candidat au doctorat en science politique de l’Institut, est cofondateur de GovFaces, une plateforme créée pour rapprocher les citoyens européens et les élus politiques.

Pourquoi avez-vous créé GovFaces?
Il est paradoxal de constater qu’Internet, dont on espérait au départ qu’il remédierait au manque de communication entre citoyens et politiciens, a finalement creusé ce manque. De nos jours, le "bruit", les fausses rumeurs, et le trolling rendent impossible la tenue en ligne d’un véritable débat politique. Nous avons fondé GovFaces car nous croyons qu’Internet peut réellement renforcer la démocratie et assurer la cohésion sociale – mais seulement s’il est utilisé à bon escient.

Comment GovFaces fonctionne-t-il?
GovFaces offre une plateforme pour mener des discussions vérifiées à grande échelle. Comme la seule façon de publier un contenu sur GovFaces est de poser ou de répondre à une question, la discussion est un vrai dialogue plutôt qu’une diffusion unilatérale de messages. Les utilisateurs peuvent voter pour une question, ce qui  permet aux décideurs politiques de répondre en une fois à une question posée par des centaines ou des milliers de personnes. La plateforme possède également un système de vérification interne pour confirmer l’identité unique de chaque utilisateur.

Qui utilise GovFaces?
Depuis son lancement en 2013, plus de 250 décideurs politiques l’ont utilisé pour participer à des débats et des consultations publiques au sein des Nations Unies et de l’Union européenne, mais aussi du Royaume-Uni et de la Suisse. L’un de nos projets actuels est une plateforme de conversation autour des objectifs de développement durable, qui regroupe des acteurs internationaux très importants.

Y a-t-il un lien entre vos études à l’Institut et la création de GovFaces?
Ma thèse analyse l’influence du processus de rédaction des discours sur la rhétorique publique du président américain. Cette recherche m’a fait prendre conscience que le modèle de communication unidirectionnel, du haut vers le bas, qui sous-tend le discours politique traditionnel ne répond plus aux exigences de l’ère numérique. Ainsi, alors que ma thèse porte sur la dynamique de la communication politique dans le passé et me permet d’identifier ses pannes, mon travail avec GovFaces porte sur le futur et la recherche de solutions.