Ce séminaire porte principalement sur les paysanneries des pays
en voie de développement subissant l’impact de la mondialisation
et dont bon nombre ne parviennent plus à vivre décemment de
leurs activités agricoles. Les trois quarts des « pauvres » de la
planète vivent en effet en milieu rural, une proportion identique
des victimes de la faim est composée de paysans, et des millions
d’exploitations familiales sont contraintes chaque année de quitter
l’agriculture et de migrer vers des espaces urbains. À l’inverse,
certaines agricultures ont connu des développements remarquables,
d’autres que l’on considérait comme condamnées se sont
maintenues, et des modes d’organisation de la production agricole
différents de l’exploitation familiale, liés au système agro-industriel
mondial, se développent. Ces évolutions, très diverses selon
les pays, les régions d’un même pays, et selon les différentes composantes
des sociétés rurales, seront analysées avec une approche
historique, et en privilégiant des échelles locales d’observation.
Le séminaire accordera une attention particulière aux interdépendances
entre espaces ruraux et urbains, marquées par la mobilité
spatiale des populations, la colonisation urbaine et industrielle de
terres agricoles, l’extension des filières commerciales, la création
de nouveaux marchés nationaux et d’exportation, les modèles
alternatifs comme le commerce équitable, autant de transformations
qui appellent à reconsidérer la ruralité.