L’émergence de la Chine comme pourvoyeur majeur de produits et
de main d’oeuvre bon marché remet en cause la division internationale
du travail. Au-delà de l’enrichissement d’une frange de la population
des grandes villes côtières, l’ouverture de la Chine et la
dérégulation progressive de son marché du travail ont un coût social
important. Face à la dureté des conditions de travail, une partie de
la main d’oeuvre chinoise, souvent considérée comme docile, revendique,
manifeste ou se met en grève. Partout en Chine, les conflits
du travail se multiplient, malgré l’interdiction de s’organiser en syndicats
autonomes. Le développement d’un cadre juridique facilite
l’expression de la contestation. La perspective sociologique et interdisciplinaire
développée dans ce séminaire permet une analyse plus
contrastée de la transition. Elle permet de réfléchir à partir d’un cas
concret sur les liens entre croissance économique et développement
des inégalités, ainsi que de souligner les incertitudes qui
pèsent sur l’avenir d’un pays à l’équilibre précaire.